• Figures de style

    1) Les figures par analogie (les images) 

     

    La comparaison

    Définition 

    Rapprochement explicite fait au moyen d’un outil de comparaison :

    - préposition (comme)

    - adjectif (tel que, semblable à, pareil à)

    - verbe (ressembler, faire penser à, on dirait que...)

    - locution (de même que, plus/ moins/ aussi...que).

    Ex: “ La nuit noire était doublée de gel, comme le satin blanc sous un habit de soirée ”. > COMPARE = nuit + gel / COMPARANT = habit de soirée + satin / POINTS COMMUNS = couleurs noire et blanche

    La métaphore

    Définition

    C’est une une sorte de comparaison sans outil de comparaison. En outre, il arrive qu’il manque parfois soit le comparé, soit le comparant.

    > Lorsque la métaphore est reprise et développée tout au long d’un texte par plusieurs termes d’un même champ lexical, on parle de métaphore filée.

    Ex: "Un gros serpent de fumée noire" > COMPARE = fumée noire / COMPARANT = serpent / POINTS COMMUNS = aspect sinueux et inquiétant

     

    Rôle, valeur, fonction

    Ces analogies peuvent avoir plusieurs fonctions :

    • un rôle illustratif ou explicatif (notamment dans le texte argumentatif) : la métaphore ou la comparaison permettent de mieux comprendre quelque chose d’abstrait, un raisonnement ou une idée difficiles à décrire.

    • un rôle poétique : les images permettent de faire surgir un univers imaginaire, des visions inattendues qui font passer de la réalité au rêve ou au cauchemar .

    • un rôle symbolique : la métaphore ou la comparaison introduisent dans le texte de nouveaux thèmes qui vont enrichir le sens premier du texte (une évocation de la mer, avec des images de miroir ou de gouffre, peut susciter une réflexion sur l’identité).

    Effet produit – différence entre comparaison et métaphore

    La comparaison rapproche par l’imagination des notions normalement éloignées dans la réalité, mais la distinction reste clairement marquée par la présence de l’outil de comparaison. C’est une simple mise en parallèle. Au contraire, la métaphore établit une véritable assimilation, une fusion entre deux notions; rien, dans l’énoncé, ne signale un quelconque rapprochement. Elle surprend donc le lecteur, elle ébranle ses émotions. La comparaison garde quant à elle un côté rationnel ; elle est plutôt du côté de l’explicatif.

     

    La personnification

     

     

     

     

     

     

     

     

    L'allégorie

    Définition

    La personnification consiste à transformer en être humain un animal, une chose ou une idée abstraite, le plus souvent au moyen d’un verbe ou d’un adjectif normalement appliqués aux humains. Ex : Paris nous tend ses mains. / La guerre n’a pas de coeur.

    Effet produit

    > En attribuant des caractéristiques humaines à des objets ou des animaux, la personnification leur prête du même coup des sentiments, des pensées, des intentions humaines. Ainsi la personnification a pour effet d’animer un récit ou une description; elle a le pouvoir de remplir un paysage désert, immobile ou sans vie, d’une présence humaine.

    > Cela peut avoir un effet soit rassurant, soit inquiétant. La personnification peut permettre de combler la solitude; elle peut au contraire introduire le mystère et le danger: des éléments naturels personnifiés semblent ainsi autonomes, donc incontrôlables.

     

    Définition

    L'allégorie consiste à représenter une idée abstraite sous une forme concrète (un objet ou une personne). Ex : L’Angleterre est un vaisseau. L’île en a la forme: la proue tournée au Nord, elle est comme à l’ancre au milieu des mers, surveillant le continent.

    Effet produit

    > Ce qui est abstrait devient concret, donc : abordable, plus compréhensible, plus séduisant.

    > En outre, allégorie et personnification se confondent souvent (ex : la liberté incarnée par une statue brandissant un flambeau, la France incarnée par une femme au bonnet rouge...), et donc l’allégorie a elle aussi le pouvoir d’animer un texte.

     

    2) Les figures d’opposition

     

    L'antithèse

     

     

     

     

    L'oxymore

     

     

     

     

     

    Le chiasme

    Définition Présence, dans un même énoncé (intérieur d’une même phrase ou d’un même paragraphe) de deux termes de sens opposés, de deux thèmes contraires. Ex : Le feu vous gèlera. / L’ennemi dont j’étais idolâtre. (Racine)

    Effet produit L’antithèse exprime le caractère conflictuel, paradoxal, voire monstrueux d’une situation. Elle est ainsi fortement présente dans la tonalité tragique où les héros sont victimes de forces qui les dépassent.

     

    Définition C’est une sorte d’antithèse rapprochée car les termes de sens contraires sont ici directement associés l’un à l’autre, ce qui renvoie à une réalité impossible. Ex : Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. (Corneille)

    Effet produit Soit l’oxymore permet de désigner une réalité tout à fait subjective; elle associe en fait un élément concret (la clarté) et un élément abstrait, c’est-à-dire les sentiments, les appréciations du narrateur ou du poète (le côté sombre). Soit l’oxymore crée purement et simplement une réalité inédite, une réalité poétique qui se substitue à notre expérience du réel.

     

    Définition C’est une double antithèse dont les quatre termes se croisent : a+, b+, b-, a-. On peut aussi dire que c’est un parallélisme (syntaxique ou lexical) mais avec une inversion dans le second membre. Ex : Un noble s’il vit chez lui dans sa province, il vit libre mais sans appui; s’il vit à la cour, il est protégé mais il est esclave. (La Bruyère)

    Effet produit Le chiasme met en relief des similitudes dans une oposition ou, au contraire, des contradictions à l’intérieur d’une ressemblance. Il souligne à la fois l’union et la disjonction.

     

    3) Les figures d’insistance et de répétition

     

    L'hyperbole

     

     

     

     

    L'anaphore

     

     

     

    La gradation

     

     

     

    Le parallélisme

    Définition Emploi de termes démesurés, exagérés. Ex : Je m’étais embarqué dans une croisade apocalyptique. (Céline)

    Effet produit L’hyperbole est un procédé d’exagération qui vise à donner de l’importance, de la grandeur à ce qui est évoqué; c’est pourquoi on la retrouve fréquemment dans le récit épique, mais elle est aussi le support de la parodie.

     

    Définition Répétition d’un ou de plusieurs termes au début d’au moins deux vers ou deux phrases. Ex : Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur / Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri / Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri. (Aragon)

    Effet produit La répétition crée (ou renforce) un rythme dans le texte, ce qui permet de convaincre ou de traduire certains sentiments comme une obsession, la plainte ou la joie.

     

    Définition Enumération dont les termes sont disposés en ordre croissant (du plus petit au plus grand, du plus faible au plus fort, etc). Ex : Je me meurs, je suis mort, je suis enterré. (Molière)

    Effet produit La gradation crée, comme l’anaphore, un rythme dans le texte. D’autre part, elle aboutit souvent à l’exagération, à l’hyperbole.

     

    Définition Utilisation répétée d’une certaine tournure syntaxique. Ex : Je meurs si je vous perds; mais je meurs si j’attends. (Racine)

    Effet produit Comme l’anaphore, l’énumération, la gradation, le parallélisme est lui aussi basé sur la répétition et, à ce titre, il crée un rythme dans le texte. En outre, le parallélisme sert souvent à mettre en valeur une antithèse, ou même un chiasme.

     

    4) Les figures d’atténuation

     

    L’euphémisme

     

     

     

    La litote

    Définition Expression qui atténue le sens d’une idée (la mort, la maladie) ou d’un sentiment. Ex : Il a rendu son dernier soupir (pour: “ il est mort ”).

    Effet produit L’euphémisme est un masque qui dissimule des réalités jugées trop cruelles, violentes ou inconvenantes. Il est donc le signe d’un langage assez recherché, d’une écriture pudique, réservée ou conformiste, ou bien hypocrite.

     

    Définition Consiste à dire moins pour faire entendre plus, à employer une forme négative pour suggérer un contenu positif. Ex : Va, je ne te hais point (pour: “ je t’aime passionnément ”).

    Effet produit La litote est une figure qui joue sur l’implicite et qui instaure donc une connivence avec la personne à laquelle elle s’adresse. Contrairement à l’euphémisme, la litote ne cherche pas à atténuer l’expression des choses par égard pour l’interlocuteur, elle cherche au contraire à suggérer la violence, l’intensité, par des moyens paradoxaux.