• Formes de l'argumentation

    Les Différents types de textes argumentatifs

      

    I - Les textes argumentatifs qui relèvent du discours (ou argumentation directe)

     

    Caractéristiques :

    1) les marques du discours

    > le plus souvent la P1 (mais aussi la P3 impersonnelle)

    > le présent d’énonciation ou de vérité générale

    > des marques d’oralité ponctuelles ou omniprésentes (jeu de questions-réponses, exclamations, interpellations avec apparition d’une P2...)

    2) les marques de la réflexion

    > un vocabulaire abstrait en lien avec le thème de réflexion, des verbes de pensée (croire, prétendre, imaginer…) et de nombreux termes de jugement

    > une organisation logique : selon les étapes du raisonnement en cours, qui peut être solidement structuré ou au contraire hésitant

    > arguments, exemples et liens logiques

    > présence occasionnelle de courts récits intégrés (anecdotes illustratives, épisodes autobiographiques, témoignages).

     

     

    1 – L’essai

    (de la méditation au traité

    et à l'article de dictionnaire)

    2) Le discours oral

    (du plaidoyer au réquisitoire,

    de la harangue au sermon)

    3) Le dialogue

    (philosophique, théâtral ou romanesque)

     

     

    Définition

    Discours écrit dans lequel un auteur communique ses opinions en se fondant sur son expérience et sur sa réflexion personnelle. Le modèle du genre a été écrit par Montaigne : Les Essais (1588-1592).

    Discours oral (même s'il passe par l'écrit), tenu par un personnage réel (par exemple un homme politique, un avocat) ou par un personnage fictif (dans le cadre d'un roman ou d'une pièce de théâtre).

    Discours échangée entre deux ou plusieurs personnages, le plus souvent fictifs, pour réfléchir à une question, débattre (dialogue contradictoire) ou délibérer.

    Les dialogues de Platon (IVè s. av. JC), mettant en scène le philosophe Socrate, fournissent le modèle du genre.

     

    Formes diverses

    De la méditation à l’exposé scientifique, en passant par l'écrit polémique, la dénonciation ironique. L’essai peut être très théorique (enchaînement des arguments à l’intérieur d’un raisonnement logique) ou bien collectionner les exemples, les références, les anecdotes.

    Du plaidoyer au réquisitoire, de la harangue au sermon, le discours argumenté peut surgir dans des contextes variés, d’où des registres diversifiés (polémique, dramatique, didactique, lyrique...) traduisant toute une palette d’émotions (colère, indignation, admiration, pitié...)

    Le dialogue philosophique est un genre à part entière, souvent adapté au XVIIè sous le nom d’« entretien ». Mais on peut rencontrer des débats argumentés au théâtre ou dans le roman (ou le dialogue peut alors être rapporté : discours direct ou indirect).

     

     

    II - Les textes argumentatifs qui relèvent du récit (ou argumentation indirecte)

     

     

    4) La fable

    (et la parabole)

    5) Le conte philosophique

    6) L’utopie

    (et la contre-utopie)

     

     

    Définition

    Court récit, fictif et plaisant, destiné à illustrer une leçon, un précepte moral. Les auteurs les plus représentatifs du genre sont Esope (auteur grec du IVè siècle av.JC) et La Fontaine : Fables (1668).

    La parabole est une fable biblique.

    Récit plus développé (mettant en jeu héros, quête, obstacles, adjuvants et opposants) qui propose de façon sous-jacente une réflexion critique sur des thèmes philosophiques (la morale, la religion, la politique…). Voltaire, au XVIIIè s, est l’auteur le plus représentatif du genre (Candide, Zadig, L’Ingénu…)

    Description d’un lieu qui n’existe pas (planète, pays, île ou ville), comportant une architecture imaginaire, une organisation politique et sociale idéales (ou cauchemardesques dans le cas de la contre-utopie), des mœurs plus ou moins éloignées des nôtres.

     

    Caracté-ristiques

    1) les marques du récit

    > la P3 domine pour désigner les personnages mis en scène

    > la P1 et la P2 apparaîtront lors des passages au discours rapporté, OU si la P1 apparaît dans le fil du récit, c’est que le fabuliste prend la parole et s’adresse ponctuellement à son lecteur

    > les temps du récit : imparfait / passé simple (parfois le présent de narration)

    > une organisation chronologique (connecteurs temporels : un jour, le lendemain, ensuite...)

    2) les indices incitant à une lecture symbolique

    > des ingrédients souvent merveilleux (animaux, rebondissements invraisemblables...)

    > simplification, voire caricature des personnages (ils n’ont pas de psychologie, agissent mécaniquement)

    > la rapidité du récit, réduit à un rebondissement dans la fable ou comportant de nombreuses ellipses et sommaires dans le conte

    > un registre plaisant, c’est-à-dire recourant à l’humour ou à l’ironie

    1) Les marques de la description

    > organisation spatiale (description des lieux) et thématique (description des activités, des mœurs, notamment en matière d’éducation, de loisirs, de religion, de politique)

    > temps du récit (imparfait / passé simple)

    2) les marques de l’utopie collective et critique

    > indéfinis de la totalité ou de l’interchangeabilité (tous, chaque / chacun, personne, aucun)

    > lexique mélioratif ou élogieux

    > nombreuses négations qui renvoient à l’écart avec le monde réel

    > structure très simple du récit, description quasi inexistante, personnages peu nombreux

    > présence d’une chute

    > La morale peut être formulée explicitement, mais aussi être implicite, à « décoder ».

    > interventions et commentaires ponctuels du narrateur > création d’une distance critique